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TERRIBLE DESERT MAURITANIEN

 

Après une journée de galères où les concurrents du Sonangol Africa Eco Race furent pris au piège d’un Erg Mauritanien, la caravane de l’épreuve était  quelque peu décimée au petit jour. Malgré cela, la course a repris ses droits et les motos, autos et camions rentrés à temps se sont élancés ce matin dans la boucle autour d’Akjoujt. Cependant, les jours se suivent et se ressemblent sur le Sonangol Africa Eco Race 2012 et aujourd’hui encore, la spéciale a été particulièrement compliquée. Lesorganisateurs ont donc pris la décision de raccourcir l’épreuve.

Retour sur… « Le tracé du jour comportera quelques portions hors-piste assez faciles. Mais il y aura surtout 45 km horribles pour lesquels, René Metge sait déjà que les concurrents vont le maudire. Une portion composée d’un mélange de dunes et d’herbes à chameaux où il faudra être patient et prudent pour ne pas s’épuiser. Après ce passage considéré comme le plus difficile de l’épreuve, il faudra regonfler les pneus pour le reste du tracé qui ne sera alors qu’une formalité jusqu’à la fin de la spéciale. »
Tel était le descriptif du parcours de la spéciale de l’étape d’hier entre Boulanouar et Akjoujt. Les concurrents de cette quatrième édition étaient donc prévenus de ce qui les attendait. Mais le vent qui souffle actuellement dans la région est venu corser quelque peu l’affaire. Résultat, les deux tiers du rallye se sont retrouvés pris au piège de l’Erg d’Akchar. Certains concurrents sont sortis de la spéciale dans les temps, d’autres ont réussi à rentrer tout au long de la nuit dernière ou dans la journée. Des participants qui, après avoir écopé de pénalités, ont néanmoins pu poursuivre l’aventure comme le permet le règlement du Sonagol Africa Eco Race.

La 9ème étape sous forme d’une boucle de 412 km autour d’Akjoujt a donc bien été lancée ce matin pour 8 motos et 29 autos. Une journée, en principe, sans grosse difficulté. Hélas, le vent a encore fait des siennes. D’une part le terrain façonné par les rafales avait terriblement évolué ces derniers jours et d’autre part, la visibilité insuffisante empêchait de distinguer correctement les reliefs. Conséquence de tout cela, une erreur de cap des concurrents qui se sont retrouvés face à des dunes extrêmement difficiles à passer. Devant cette situation, la direction de course a décidé d’écourter la spéciale et a donné un cap plein nord, afin qu’ils rejoignent la route Atar - Nouakchott pour rentrer sur Akjoujt après 100 km sur le goudron. Mais, pour pouvoir effectuer un classement, ce sont les temps de passage au CP 2 situé au kilomètre 236 qui ont été retenus.
Une décision sage qui a bouleversé totalement la hiérarchie du classement. En effet, créditée du meilleur temps de passage au CP2, au volant de son camion Man, Elisabete Jacinto signe le scratch autos-camions de cette 9ème étape. Un exploit puisque c’est la deuxième fois seulement, dans l’histoire des rallyes tout terrain, qu’un camion s’impose devant les voitures. La deuxième place est également une surprise puisque la pilote portugaise devance Michel Turon-Barrère et Didier Haquette sur leur Buggy CRD, alors que les deux hommes étaient rentrés hier soir à minuit. Le Basque termine une dizaine de minutes devant le Tatra de Tomas Tomecek qui, du même coup, après des ennuis d’embrayage sur le Pick Up de Jacky Loomans, occupe à présent la 2ème place au général provisoire. Un classement dont le leader est toujours Jean-Louis Schlesser qui ne termine que 6ème aujourd’hui après avoir longtemps cherché la bonne piste avant le CP2. Un Jean Louis Schlesser beau joueur qui soulignait la performance d’Elisabete mais aussi celle de Gilles Florin et Hervé Cotel, 5ème sur leur Buggy Cotel ainsi que celle de Joël Olivan et Patrick Colleie, 6ème sur un Toyota. Mauvaise opération en revanche pour Salim Kamoun et Sofiane Driss qui se classent 8ème de la spéciale à plus d’une heure. Après leur victoire hier dans la catégorie des deux ponts rigides, qui leur a valu de remporter quatre pneus Coopertires, les Tunisiens conservent tout de même la 5ème place au général.
La catégorie motos a également connu son lot de surprises et d’ailleurs, le classement général est totalement relancé. En effet, comme en auto, Oscar Polli, le pilote qui était parti en tête ce matin, a longtemps cherché la bonne piste avant le CP 2 alors que Norbert Dubois a immédiatement trouvé le bon passage. Résultat, le Parisien reprend 55 minutes à l’Italien qui ne possède à présent que 7’58 d’avance au général. Des poussières lorsqu’on sait que tout peut encore arriver sur les trois dernières étapes. Derrière, à signaler l’exploit de Hervé Thierry qui continue d’étonner au guidon de sa petite Yamaha 450 WRF puisqu’il se classe 2ème de la spéciale. Le Normand devance Xavier Moreau et Oscar Polli alors que Christophe Conreau et Bertrand Besse ont terminé en 5ème et 6ème position.
Demain, compte tenu des prévisions météo qui annoncent toujours du vent de sable et de la configuration de la spéciale composée encore de cordons de dunes, la 10ème étape entre Akjoujt et Tenadi se résumera à une liaison par la route entre les deux villes mauritaniennes.

 

Ils ont dit...

Jean Louis Schlesser – Buggy Schlesser Sonangol – Leader du classement auto

Encore une dure journée. Nous avons ouvert la piste et ce fu compliqué car on ne distinguait pas bien le relief et que le sable était très, très mou. Je me suis encore ensablé sur une dunette haute comme une toile de tente. Avant le CP 2, nous n’avons pas trouvé de passage au cap indiqué sur le road book. Je suis donc revenu en arrière sur 25 km pour vérifier que nous ne nous étions pas trompé. J’ai donc perdu un maximum de temps et je ne termine que 6ème. Je félicite Elisabete Jacinto qui remporte le scratch avec son camion. Le seul à avoir réussi cette performance sur un rallye tout terrain est Jan De Roy. C’est dire la qualité de cette pilote.

René Metge – Directeur sportif du Sonangol Africa Eco Race

Après la journée d’hier qui fut plus compliquée que prévue, certains concurrents sont rentrés très tard. Certains ont passé la nuit dans les dunes. Ils n’ont donc pas participé à la spéciale d’aujourd’hui. Ce n’est pas grave car le règlement leur permet de continuer. En revanche, nous avons vécu une nouvelle étape très difficile aujourd’hui. Nous avons d’ailleurs dû l’écourter car le sable était trop mou et le vent de sable empêchait de voir le relief. Du coup les concurrents n’ont pas trouvé les bons passages et nous avons pris la décision de les arrêter au kilomètre 267. Demain, la météo prévue est la même avec du vent de sable. Cela signifie que le sable sera encore très mou et compte tenu de la difficulté de certaines parties du tracé, nous avons décidé d’annuler purement et simplement la spéciale. En effet, il n’est pas possible de la couper en deux ou de neutraliser certaines portions. Et puis, la fatigue commence à s’accumuler pour les concurrents et nous ne voulons pas risquer des incidents. C’est toujours un déchirement de devoir annuler une spéciale sur laquelle on a beaucoup travaillé mais c’est plus sage. Cela permettra à tous de récupérer avant la dernière étape entre Tenadi et Kebemer qui sera encore un gros morceau.

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